Joseph BALIN
Joseph BALIN,
45 ans,
ex-autrichien,
Arrêté à: Saint-Léonard-de-Noblat, convoi 26
Joseph est né le 01/05/1897 dans la ville de Krystynopol (ancien empire austro-hongrois, aujourd’hui appelée Chervonohrad et située en Ukraine).
Il était le fils de Leopold (décédé avant la guerre) et de Celi [Cilly] née EHRLICH (née le 15 mai 1886 à Krystynopol). Sa mère, Celi, a connu de nombreux camps d’internement en France durant la guerre, notamment Rivesaltes, Nexon (octobre 1942), puis Rabès (Corrèze) à partir du 10 mars 1943.
Joseph avait épousé Emma SCHWARZ (née le 10 octobre 1898 à Vienne) le 10 octobre 1920 à Vienne. De cette union est né un fils, Kurt (prénom ensuite francisé en Claude), né le 1er janvier 1925 ou 1926. Kurt vécut durant la guerre à Saint-Hilaire-Saint-Florent (Maine-et-Loire) où il travaillait comme ouvrier agricole.
Avant-guerre et exil (jusqu’à septembre 1938)
Avant la guerre, Joseph vivait à Vienne, en Autriche, où il gérait une parfumerie au 6, Gumpendorferstr. Fuyant le nazisme après l’annexion de l’Autriche, il serait arrivé en France en septembre 1938, par Strasbourg (d’autres documents mentionnent septembre 1935 ou octobre 1936, ce qui paraît toutefois peu vraisemblable).
Dès le mois de mai 1938, il fait des démarches pour fuir son pays. Il cherche à émigrer en Palestine, en France ou aux Etats-Unis.
Un courrier réponse du Comité d’assistance à l’émigration des juifs (du 08/11/1938) (filiale française de la HICEM ) prouve qu’il était à cette date dans des démarches pour émigrer aux Etats-Unis où il avait de la famille (une tante, Dora Perilla, installée à New York, 532 Amsterdam Av.). Il résidait alors à Paris, au 25 rue d’Hauteville chez un membre de sa famille, Léo Balin.
Sa femme était alors restée en Autriche dans l’attente de cette émigration.
Période en France et internement :
Joseph s’installe ensuite dans le Maine-et-Loire, à Chênehutte-les-Tuffeaux (aujourd’hui partie de Chênehutte-Trèves-Cunault), vraisemblablement avec son fils. Il demande à être engagé volontaire mais est exempté par le conseil de révision d’Angers le 03/02/1940 du fait de son état de santé. Il souffre en effet de problèmes cardiaques. Sur place, il mentionne comme « attaches françaises » Mme Berkowitz née Morille Germaine, 9, rue des Carmes, Angers et Mr Clément, garagiste à Angers.
Après une période d’internement au camp du Ruchard, il est libéré et arrive ensuite en Haute-Vienne au moment de l’exode après avoir franchi la ligne de démarcation « pour échapper à l’internement ».
Vie à Limoges (à partir de juin 1940)
Le 27/06/1940, il s’installe à Limoges au 3, impasse Cros dans une mansarde meublée, chez Mr J.Laforêt. Il ne peut exercer de profession et reçoit quelques subsides de sa famille et suit les cours de l’école Pigier. Il envisage encore à cette date d’émigrer aux USA. Au moment de sa demande de carte d’identité d’étranger à la préfecture, il mentionne également comme référence en France Mme Kleeman Lison, 1, rue Haute-Vienne, Limoges. A limoges, il vivra également :
- Au 6, rue du Masgoulet (au 13/07/1940)
- impasse Legrand (au 25/11/1941)
Expulsion et arrestation (année 1942)
Conformément à la circulaire n° 431 du 3 novembre 1941, Joseph est expulsé de Limoges et rejoint Saint-Léonard-de-Noblat (Haute-Vienne) avant le 10 avril 1942. Il réside à l’Hôtel Moderne. C’est là qu’il est arrêté le 26 août 1942, lors de la grande rafle organisée en zone non-occupée.
Après un passage par Nexon puis Drancy, Joseph est déporté sans retour à Auschwitz par le convoi 26.
Sort de la famille
Son fils Kurt (Claude) avait déjà été arrêté et déporté à destination d’Auschwitz par le convoi n°8 du 20 juillet 1942, parti d’Angers.
© Fanny DUPUY
Sources:
- ADHV (Archives départementales de la Haute-Vienne)
- Steve.morse.org
- Mémorial de la Shoah
- Fichier de Drancy, MS
- Yad Vashem
- Mémoires des hommes