Arno KACZYNSKI

Arno KACZYNSKI © Coll.Serge Klarsfeld

Arno KACZYNSKI,

16 ans,

Allemand,
Arrêté à: Montintin, convoi 26

Né le 05/01/1926 à Berlin , Arno était le fils de Kurt et de Rosa (née BECKER).

Une enfance à Berlin marquée par les violences antisémites

De sa vie avant-guerre, on sait peu de choses sinon qu’Arno et ses parents vivaient en 1938 Braunsberger Straße 7 à Berlin où ils étaient commerçants.

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Boycott antisémite nazi du 1er avril 1933, Berlin. Piquet SA devant commerce juif de dentelle Erzgebirge. © Georg Pahl / Bundesarchiv (Bild 102-14471). CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons.

Très tôt, le jeune Arno est confronté aux persécutions antisémites : à seulement 6 ans, le boycott nazi des « entreprises juives » (1er avril 1933) frappe Berlin. On peut dès lors se demander comment ses parents commerçants et vivant dans le quartier juif de l’époque ont pu continuer à vivre et l’élever.

À 12 ans, le régime nazi interdisant les écoles publiques aux enfants juifs, le 01/04/1938 il est contraint de rejoindre une école juive de la Reichsvereinigung der Juden (organe nazi contrôlant les Juifs allemands) avant son exil à Paris en 1939.

Son émigration en France par Kindertransport et sa prise en charge par l’OSE

Arno quitte donc ses parents  sans savoir qu’il ne les reverra jamais. Il est d’abord accueilli dans plusieurs homes de région parisienne :

-au Château de la Guette (propriété des Rothschild de Ferrières
qui accueillit de nombreux enfants juifs allemands de 1939 à 1941 en région parisienne).

-au château de Quincy-sous-Sénart prêté à l’OSE par le comte Hubert de Monbrison, Secrétaire général du Secours aux enfants de réfugiés politiques.

Son arrivée dans les maisons OSE du Limousin : Chabannes et Montintin

Au moment du déclenchement de la guerre, l’OSE choisit de protéger les enfants en les envoyant dans des maisons de la région limousine, à commencer par le château creusois de Chabannes où Arno reste jusqu’en octobre 1941.

Il est envoyé ensuite à Montintin où il suit des cours de menuiserie et se distingue comme étant un « bon apprenti maroquinier ». Il n’a alors plus de contact avec ses parents à l’époque.

Son arrestation lors de la rafle du 26 aout 1942 à Montintin

Dans la nuit du 25 au 26 août 1942, il est arrêté par la gendarmerie française avec plusieurs de ses camarades.

À 16 ans révolus, il figure sur la liste des personnes à arrêter. Il est  ensuite transféré à Nexon et déporté depuis Drancy par le convoi 26.

Ses dernières traces supposées

D’après Katy Hazan (Rire le jour, pleurer la nuit Ed. Calmann-Levy, 2014), Arno n’aurait pas été assassiné dès 1942 mais il aurait été réquisitionné pour le travail à la gare de Kosel avant l’arrivée à Auschwitz et serait mort de dysenterie dans un camp de travail près de Katowice.

Ses deux parents auraient également été assassinés durant la période selon plusieurs sources allemandes (transfert au ghetto polonais de Litzmannstadt (ghetto de Lodz) le 24/10/1941 puis à Chelmno le 05/05/1942).

© Fanny DUPUY, 2021

Dernière mise à jour 03/01/2026

Sources :

  • Le Mémorial de la Déportation des Juifs de France
  • Archives OSE (Katy Hazan)
  • ADHV
  • Mémorial de la Shoah
  • ITS Arolsen
  • Katy HAZAN, Rire le jour, pleurer la nuit, 2014, Calman-Levy.
  • Memorial Book
  • List of Jewish victims from the Memorial book « Victims of the Persecution of Jews under the National Socialist Tyranny in Germany 1933 – 1945 » prepared by the German Federal Archives
  • Crédits photos : portrait, coll. Serge Klarsfeld (avec l’aimable autorisation de Serge Klarsfeld)
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