Françoise ou Franzi FLEISCHMANN
Françoise [Franzi] FLEISCHMANN [FIERDSCHMANN] ,
28 ans,
Autrichienne,
Arrêtée à: Nantiat, convoi 27
Françoise ou Franzi (ou encore Franzi Marianne) Fleischmann (parfois écrit Fleshmann) est née le 28/07/1914 à Vienne en Autriche. Elle était célibataire.
Elle est la fille de Paul 31/12/1879, Sassin) et d’Elise née EHRENFEST (19/06/1880, Ausse, Autriche) dont la dernière adresse durant la guerre était au 9 Hörlgasse à Vienne . Elle avait également une sœur, Gertrud, née le 25/07/1910 à Vienne.
Françoise quitte Vienne en septembre 1938 et émigre en France. Eella avait déja provisoirement résidé à Paris durant l’année 1932 (entre janvier et juillet).
Elle réside d’abord au 29, avenue Bernard Palissy à St-Cloud près de Paris (Seine-et-Oise) entre novembre 1938 et mars 1939.
Elle quitte ensuite la France pour Cuba. Mais, ne s’habituant pas au climat, elle décide de revenir en France en août 1939 (le 23/08/1939, en arrivant par Le Havre).
Elle habite ensuite successivement à Limoges:
- possiblement en premier à l’hotel de la Paix (?), 5 rue Arbonneau mais cela reste à vérifier , l’adresse ayant été barrée sur un document adminsitratif.
- au 9 rue Monte à Regret (à partir du 20 septembre 1939) où elle mentionne comme personne de référence en France Mr Briquet qui vit au même numéro (était-ce un voisin? Le propriétaire de son logement ?)
Puis elle fait un séjour à Paris entre février et mai 1940.
Elle en revient au moment de la Débâcle et à partir d’aout 1941, elle s’installe à l’hôtel de France à Nantiat dans l’arrondissement de Bellac. Est également mentionné comme référence Mr Rebeyrat Charles qui vit lui aussi ou est propriétaire de cet hôtel.

On sait également qu’elle a de la famille à Paris. Il s’agit possiblement de sa sœur puisque que Franzi déclare être aidée financièrement par son beau-frère qui vit à Paris au 1, avenue Paul Doumer.
Franzi est ensuite arrêtée le 26 août 1942 et est déportée, vraisemblablement par le convoi 27.
En effet, on retrouve une dénommée FIERDSCHMANN Françoise sur le Mémorial de la déportation des Juifs de France de Serge Klarsfeld mis en ligne par J.P Stroweis. Elle aurait donc été déportée par le convoi 27.
Les erreurs de graphie et la déformation des noms sont fréquentes sur les listes ce qui complique parfois le travail d’enquête et de recherche.
La date de naissance diffère en revanche.
Le nom de Franzi figure également dans le mémorial autrichien , sur Yad Vashem, et enfin sur le mémorial d’Auschwitz ce qui signifie qu’elle aurait été sélectionnée à l’arrivée. La date indiquée pour son décès est le 09/10/1942.
Quant à ses parents, ils ont été déportés depuis Vienne dans le ghetto polonais de transit d’Izbica* près de Lublin (transfert du 09/04/1942, convoi 17) et furent ensuite assassinés.
Gertrud, la sœur de Franzi, semble être le seul membre de la famille à ne pas figurer parmi les victimes de la Shoah.
Sources:
- ADHV
- Mémorial des Juifs de France de Serge Klarsfeld (2012), par JP Stroweis
- Yad Vashem
- Mémorial autrichien
- Mémorial d’Auschwitz
- Site généalogique Geni
- « Österreich, Niederösterreich, Wien, Matriken der Israelitischen Kultusgemeinde, 1784-1911. » Database with images. FamilySearch.
- Fonds de Moscou: 19940508/848 : Direction générale de la Sûreté nationale : fiches de recherche au Fichier central (1880-1940).
- Les ghettos de transit de Izbica, Piaski et Rejowiec
« Bien que l’« Aktion Reinhard » ait été dirigée principalement contre les Juifs du Gouvernement Général, les Juifs du Protectorat de Bohème-Moravie, d’Allemagne, d’Autriche et de Slovaquie en furent aussi les victimes. De mars à juin 1942 environ 27.000 juifs de ces pays ont été déportés à Izbica (17.000 personnes), à Piaski (5.000 personnes) et à Rejowiec (5.000 personnes). Des « ghettos de transit » sont également installés à Opole Lubelskie, Deblin, Zamosc, Chelm, Wlodawa et Miedzyrzec Podlaski par le quartier général de l’Aktion Reinhard. Tous ces ghettos sont situés près des principales voies ferrées allant vers Belzec et Sobibor (Hormis Miedzyrzec Podlaski qui se trouve sur la ligne de Treblinka).
Izbica est le plus grand ghetto de transit situé entre Belzec et Sobibor. A coté des juifs de l’ouest (allemands, autrichien, tchèques et slovaques), environ 4.000 juifs de Zamosc et quelques groupes de juifs polonais des petites villes et villages voisins du canton de Krasnystaw sont enfermés à Izbica lors de la phase finale des liquidations des ghettos dans le district de Lublin. Le ghetto d’Izbica n’est pas fermé car sa localisation dans une vallée entourée de collines et délimité par un cours d’eau facilite l’isolation des victimes. Dans le ghetto d’Izbica, les SS créent de doubles institutions juives : deux Judenräte (un pour les juifs polonais, l’autre pour ceux de l’ouest), deux comités d’aide sociale et deux unités juives de police. Piaski et Rejowiec sont des ghettos de transit destinés aux juifs polonais.
Selon plusieurs témoignages de survivants et des témoins polonais, les déportés sont convaincus que les convois les emportaient pour le travail quelque part à l’est. Ainsi beaucoup demandent aux habitants autochtones où se trouvent les usines dans lesquelles ils devraient travailler. Même dans les ghettos de transit, personne n’a connaissance de l’existence des camps de la mort. La plupart d’entre eux sont des personnes âgées, des femmes et des enfants. Dans la plupart des cas les jeunes hommes capables de travailler ont été « sélectionnés » à Lublin et envoyés au camp de Majdanek. Dans les ghettos de transit les déportés ne travaillent pas (la zone de Lublin n’est pas très industrielle). Seul un petit nombre de personnes est envoyé d’Izbica à Augustowka et à Bzite, deux petits camps de travail de la Wasserwirtschaftsinspektion (WWI). » B&S Editions
© Fanny DUPUY, 2022
Dernière mise à jour: 18/07/2025
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