Kurt LEROI

Kurt LEROI, Archives du Royaume de Belgique.

Kurt LEROI,

 41 ans,

Allemand (devenu apatride),
Arrêté à: Saint-Yrieix-la-Perche, convoi 27

Kurt est né le 20/10/1900 à  Berlin (Schöneberg) en Allemagne.

Ses parents, Oscar (né vers 1876 à Bad Erna), directeur d’une banque (?) ou patron d’entreprise et Helene WERTEIM (née le 18/02/1877 à Berlin)  étaient originaires de Heildeberg (dans le land du Bade Wurtemberg).

En 1927, tous deux apparaissent sur la liste des passagers du SS Berengaria qui partit de Cherbourg le 20/08/1927 et arriva à New York le 26/08/1927 (visiblement pour un voyage d’affaire puisque ce document mentionne comme motif un nom d’institut financier, le  » Ladenburg Thalmar Co-Bankers »-25, Broad, NY et un séjour de deux mois). A cette date cette liste mentionne aussi l’adresse de leur fils  Kurt à Berlin (« Schrager », weg 7).

Kurt, quant à lui épousa successivement:

  •   Catherine/Katharina  NAAS (née le 29/07/1901 à Darmstadt, (Hesse, près de Francfort)  le 17/05/1923 à Darmstadt. Avec elle, il aurait eu 3 enfants (à vérifier). Il devint ensuite veuf et se remaria
  • à Alice (née GETTEMAN/ JETTEMAN le 18/09/1905 à Odessa (d’origine russe mais de nationalité belge)) à Bruxelles le 05/07/1933. De cette deuxième union naquit Eva Maria LEROI.

Selon les lois nazies sa femme était considérée comme « aryenne » ce qui n’empêcha pas Kurt d’être déchu de sa nationalité en 1939.

On sait aussi grâce aux documents des archives belges et d’Arolsen qu’il était initialement ingénieur agronome. A Berlin, il avait travaillé comme ingénieur pour une firme spécialisée dans l’électricité.

L’émigration en Belgique puis l’internement en France (mai 1939-1940)

Il émigre en Belgique en mai 1939 à Bruxelles, au 208, rue  Washington puis est déporté en France par les autorités belges le 10/05/1940. C’est ainsi qu’il est ensuite interné:

  • à St-Cyprien
  • puis à Gurs avec 3000 autres hommes du 29/10/1940 au 16/06/1941 [source A.DOULUT]

Libéré (à une date inconnue), il rejoint d’abord Limoges en juin 1941 (Haute-Vienne) puis réside à Saint-Yrieix-la-Perche, 1 rue de la Fonderie.

Le 06/01/1942, il est recensé à St-Yrieix-la-Perche avec ses parents Oskar et Helene mais comme protestant. Une nouvelle liste le recense (certainement en aout 1942), mais cette fois-ci comme réfugié juif étrangers arrivé en France après le 01/01/1936 (avec ses parents).

Quelques semaines plus tard, il est arrêté le 26 août 1942 puis déporté sans retour par le convoi 27.

Malgré un certificat du Pasteur Chaudier attestant du fait qu’il appartenait à l’Église protestante, aucune clause d’exemption n’est appliquée. Ses parents sont en revanche libérés du fait de leur âge.

Son frère ( à vérifier) aurait lui aussi été déporté durant la période.

Trois enfants sont mentionnés sur des documents d’archive locales avant sa déportation sans que l’on sache si Eve est bien Eva Marie et où vivaient ces enfants à l’époque (Eve, 17 ans, Charles, 13 ans et Didier 9 ans).

D’après les documents Arolsen il est recherché par sa fille Eva Maria après-guerre et aurait selon cette recherche survécu jusqu’à la fin de la guerre après avoir été évacué d’Auschwitz  vers un hôpital polonais. Cela dit sa trace ne sera jamais retrouvée ensuite…

Destinée de la famille

  • La mère de Kurt, Helene, qui résidait avec son mari Oscar à St-Yrieix à la même adresse que son fils meurt après-guerre, le 04/06/1946 (à St-Yrieix). On apprend dans un dossier administratif qu’elle donnait quelques leçons particulières d’allemand « et vivait modestement » après avoir été chassée d’Allemagne par le régime nazi.

© Fanny DUPUY

Sources:

  • ADHV
  • AGR
  • ITS Arolsen
  • Passenger and Crew Lists of Vessels Arriving at New York, New York, 1897-1957 (National Archives Microfilm Publication T715, roll 4114); Records of the Immigration and Naturalization Service, Record Group 85.
  • Merci à Mr M. pour les précisions apportées sur la fin de vie de Kurt Leroi ainsi que sa famille.
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