Ellen ROSEN

Ellen Rosen©Archives OSE
Ellen ROSEN ©Archives OSE

Ellen ROSEN,

16 ans, allemande,
Arrêtée dans la maison OSE du Couret , St-Laurent-les-Eglises (Haute-Vienne).

Ellen (ou Hélène)  est née le 14/03/1926 à Greifenberg (Allemagne), aujourd’hui  Gryfice en Pologne.

Elle était la fille d’Erik (03/08/1891, Greinfenberg, fils de Aharon et de Berta), commerçant et d’Edna (ou Erna) née BIEBER (09/05/1892, Greifenberg), couturière. Ella avait un frère Werner (de 19 ans en 1939) qui était menuisier et vivait en Australie.

Avant-guerre la famille vivait à à Greinfenberg, Konigstraat 5. Elle appartenait à la bourgeoisie aisée mais s’était retrouvée sans moyens d’existence du fait des persécutions qu’ils eurent à subir. Une autre adresse (certainement postérieure) mentionne un autre lieu de vie à Berlin.

C’est cette situation qui contraint certainement les parents d’Ellen à confier leur fille au Comité israélite pour les enfants venant d’Allemagne et de l’Europe central* le 11 mars 1939 pour permettre son sauvetage en France.

C’est ainsi qu’elle est hébergée dans un premier temps au château de la Guette (Villa le Comte) en Seine et Marne., propriété des Rothschild de Ferrières qui accueillit de nombreux enfants juifs allemands de 1939 à 1941 en région parisienne.

Juste avant le déclenchement des hostilités, elle transite avec d’autres enfants à La Bourboule** , l’OSE la prend en charge et l’évacue avec des dizaines d’autres enfants au château de Chabannes en Creuse où elle réside du 29/08/1941 au 13/10/1941.

A partir de cette date, elle est envoyée avec d’autres jeunes filles dans le département limitrophe de la Haute-Vienne au château du Couret à Saint-Laurent-les-Églises.

Sur sa fiche OSE, on peut lire que son oncle Julius WILDSTOSSER vivant à New York était prêt à l’accueillir mais cela ne fut finalement pas possible.

C’est en effet au Couret, à l’âge de 16 ans (l’âge à partir duquel l’administration française arrêta ces grands adolescents) qu’elle est arrêtée par la gendarmerie française avec plusieurs de ses amies : Sonya Kieslowicz, Sophie Singer (qui sera finalement libérée), Margot König, Hannelore Stern.

Amenée au camp de Nexon, elle se trouve dans le wagon n°4 du train pour Drancy.

Elle est ensuite déportée à Auschwitz par le convoi 26 (sans retour).

Ellen est recensée parmi 11400 enfants juifs déportés de France de S. Klarsfeld sous Ellen ROSEN.

D’après les sources du Bundesarchiv, ses parents, Erich et Erna auraient également été déportés d’Allemagne (depuis Berlin) vers Auschwitz  le 02/03/1943 par le transport 28 (liste de 952 noms) vraisemblablement sans retour.

©Fanny DUPUY

Notes:

* « Au cours des années trente, par vagues successives, des dizaines de milliers de juifs fuyant l’Allemagne, l’Autriche, la Pologne et la Tchécoslovaquie viennent se réfugier en France. Parmi eux, il y a de nombreux enfants dont certains arrivent seuls. Un organisme créé en 1938, le Comité israélite pour les enfants venant d’Allemagne et d’Europe centrale, va les prendre en charge. Il intervient par le biais de l’Œuvre de secours aux enfants (OSE), une organisation juive médico-sociale, riche d’une solide expérience. Pour secourir les nouveaux venus, elle ouvre plusieurs établissements dotés d’un personnel éducatif formé au travail social et originaire lui aussi d’Europe centrale, tout comme ses pensionnaires », Accueil des enfants juifs étrangers en France et leur sort sous l’Occupation, dans Documents pour l’histoire du français langue étrangère ou seconde, Sabine ZEITOUN,   Société Internationale pour l’Histoire du Français Langue Étrangère ou Seconde‎, 2012.

** Quand le Nord de la France fut occupé, les enfants furent installés à la Bourboule, en zone libre, à l’Hôtel des Anglais, loué par la Baronne. C’était un bâtiment désaffecté, sommairement arrangé où les conditions d’existence étaient difficiles. Par une lettre transmise par la Croix Rouge, Flore Loinger informa son époux, prisonnier à cette époque, des soucis que lui causaient ses enfants. Or, le couple n’avait à ce moment-là qu’un seul petit garçon de trois ans. Et Georges Loinger d’expliquer : « J’ai compris qu’il s’agissait du groupe d’enfants juifs dont elle était responsable. J’ai donc décidé de m’évader et j’ai mis un mois à rejoindre la Bourboule ». Source : site AJPN

Sources:

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